South America 2008 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Me voila de retour des paysages grandioses plein la tete...d'épingleOla todos! Me voila de retour un peu plus tot que prevu... La raison a cela: j'ai doublé une étape et j'ai suprimé la dernière. Cette semaine au milieu des montagnes fut tout a fait exceptionnelle. J'ai fais sans nulle doute la plus belle (et la plus dur) rando de ma vie, et les paysages que j'ai vu sont sans conteste les plus beaux que j'ai eu l'occasion de voir dans ma vie. Vraiment grandiose. En ce qui concerne la solitude, j'ai pu l'experimentée pleinement. J'étais vraiment tout seul pendant mes 7 jours de marche. Je n'ai croisé que 3 groupes de touristes (dont un de loin). Je peu même me targuer de n'avoir vu aucun être humain pendant plus de 24h (et si on ne compte pas ceux a plus de 2 km, le compteur monte a plus de 48h). C'est vraiment incroyable de se retrouver completement seul au milieu de paysages aussi impressionnant... sur ce coup là, ón ne peut echaper au sentiment de tête d'épingle... mais qu'est ce que c'est grandiose! Cela dit, ces paysages magnifiques se méritent : En moyenne, 1000m de dénivelée positive (d+), 860m de dénivelée négative (d-) et 15km par JOUR!!! Oui oui, c'est fatiguant... mais qu'est-ce que ca en vaut a peine. (Pour ceux que ca interesse, je mets en fin d'article le tableau de mes differentes etapes). Cette rando est classée comme difficile, je le confirme, surtout quand on part avec un sac de +/- 20 kilos. Elle est aussi consideree comme l'une des plus belles du monde, et ca ne m'etonne pas... c'est vraiment fantastique. Tout amateur de montagne (et je sais qu'il y en a parmis vous) devrait un jour aller faire un tour dans la Cordillera Blanca... c'est vraiment extraordinaire. Voici le recit de mes 7 jours inoubliables: Jour 1: J'ai passé la nuit a Caras, la ou j'ai ecris mon dernier message. Point de vue santé, c'est pas la grande forme, mauvaise nuit dans un chouette petit hotel, diarhée et fièvre, un bon cocktail pour démarrer la journée. Je prends un taxi commun pour aller jusqu'qu point de départ de la rando. Il y en a normalement pour une bonne heure... sauf qu'on tombe en panne vraiment au milieu de nulle part... Qqes minutes plus tard une voiture passe, il reste une place dans le coffre... juste assez pour moi et mon sac... Je commence la marche vers 11h. Sur papier c'est censé etre une petite journee de mise en jambe... Ce sera la journee la plus dure de la rando. Ma santé n'y est pas etrangére, et le poids de mon sac n'arrange rien. Je commence egalement a comprendre que ma carte (la meilleure qui existe de la region) n'est qu'au 1/100000 (1cm = 1km) et surtout que les courbes de niveau ne sont que tous les 50m. Lorsque le chemin semble monter un peu sur la carte, c'est minimum 50 de d+... et ca, ce n'est pas une petite montee. Bref, arrivé a mon point de bivouac (on peut planter sa tente où l'on veut... ca c'est cool), je monte la tente, fais a bouffer, me mets dans mon sac de couchage, prends mon carnet pour ecrire les sensations de la journée. Une sensation prend tres vite le dessus : la fatigue. PAs moyen d'ecrire plus de 3 lignes que je m'éffondre, Jour 2: Ce matin ca va mieux. Je me sens d'attaque pour les fameux 1500m a monter... Je vais a mon aise mais j'ai de bonne jambes. Ca monte vite, la vue sur mon point de bivouac devient vite impressionnante. D'une maniere generale, la journee se passe bien... meme en fin de journee je me sens mieux que la veille. Lors de journées pareilles, le pire n'est pas de se lever le matin en se disant qu'il y a 1500 m a monter, mais apres 1000m, se dire qu'il en reste 500, ca c'est mortel. La fin est difficile car le sentier commence a monter et descendre. Je sais que je suis plus haut que mon point darriver, mais je dois descendre pour remonter. J'arrive au bivouac bien crevé, mais j'ai neanmoins la force de mettre a jour mes notes de la veilles avant de noter mon recit du jour. Je n'a croisé personne sur la journee. Au sommet, une cabane gardee par un monsieur. La seule personne que je verrai ce jour la. Le couché de soleil sur le lac et le glacier qui le surplombe sont somptueux. De l'autre côté, la vue sur la vallee est impressionnante car on la domine de plus de 1500m. Durant toute cette rando, ce qui est stupefiant c'est que quelque soit la direction dans laquelle on regarde, le paysage est incroyable. Jour 3: Au programme aujourd'hui, le toit de l'Europe. En effet, un col a 4860m avant une descente vertigineuse vers une vallee tout en courbes. Tout se passe tres bien, j'affine ma technique de descente avec baton pour epargner mes genoux ... c'est rapide, efficace, et ca semble porter ses fruits car apres plus de 1000m de descente, pas la moindre douleur. J'ai vraiment bien fait de louer un 2eme baton (vu qu'on a volé le miens). Pas grand chose a dire si ce n'est que les paysages me donnent la chaire de poule,,, Cette vallee est vraient isolee de tout et de tous, c'est le debut de la grande aventure en pleine nature. A l'endroit ou j'avais decide de camper, il y a un groupe avec une diaine de tente, Je les vois bien a temps et je reste en altitude pour passer mon chemin et aller planter ma tente plus loin. Jour 4: Aujourd'hui... Objectif lune!... enfin non pas tout a fait, mais ce n'en est pas loin pour un petit belge... objectif 5000m. Je decide donc de ne pas avancer sur mon parcours mais de faire un aller-retour pour franchir la barre symbolique des 5000m. Par la même occasion, c'est le seul moyen de voir la face mythique de l'Alpamayo, une des plus belle montagnes du monde (bizarre comme classement, mais j'ai lu cela quelquepart). Entre 4700 et 5000m, la rarefaction de l'oxygene commence vraiment a se ressentir et les pas sont de plus en plus difficile. Marcher, une fois qu'on a le rythme, ca va encore, ce qui est le plus tuant c'est de faire un geste en contretemps. Par ex: Remettre bien le sac a dos, boire une gorgee d'eau... Il faut au moins 10 secondes pour s'en remettre. Ce qui est traitre egalement, c'est qu'apres s'etre arreté qqes secondes, les muscles sont bien irrigués et quand on se remet en route, ca va tout seul... on repars d'un bon rythmes ... mais apres 5 a 10 pas, c'est le contre coup phenomenal... essoufflement garantit, on est obliger de s'arreter a nouveau... Arrivé a 5000m, je me retourne pour voir l'Alpamayo... je ne vois que sa tete qui depasse au dessus d'un gros rocher... cest un peu decevant sur le coup, mais la vue et la couleur du lac en contrebas est tout a fait incroyable. Un espece de bleu turquoise laiteux... vraiment impressionnant. Le retour se fait sans encombres. Une belle journee pas trop dure pour ce trek (+800m -800m quand meme) Ce soir, ca fait 24h que je n'ai pas vu le moindre etre humain... c'est vraiment etrange comme sensation. Avant de m'endormir, je decide de m'habiller chaudement et d'attendre l'obscurite complete pour regarder les etoiles... L'immensité terreste dans laquelle j'evolue depuis plusieurs jours fait place a une immensite siderale. C'est vraiment un spectacle grandiose (un de plus). Jour 5: Je commence une ascenssion de 600m. A quelques encablures du sommet, je vois une ribambelle d'ane passer le col et se diriger vers moi. Premiere reaction :" merde des gens!". Il s'agit en effet d'un groupe qui a recours a des mules et des cuisiniers pour gerer l'intendance. Cela dit, premier groupe en 4 jours, je ne dois pas me plaindre. Je passe le col sous un vent d'enfer... je manqe tomber a plusieurs reprises tellement ca souffle fort. Je ne m'attarde pas au sommet car il fait froid. Dans la descente, je croise les touristes... ca parle francais... je commenc e a discuter avec l'un d'entre eux pendant 15 min. On ne me changera pas, J'ai beau etre dans un trip solitaire, echanger qqes sensations, ca me fait fort plaisir. Cela dit, des que je suis a nouveau seul, je savoure pleinement le temps que j'ai pour me plonger dans mes pensees. Une chose est sur, je ne suis pas un philosophe. Mes pensees restent tres terre a terre. Je pense enormement a mes potes, aux moments passes ensembles... mais rien de tres profond a la Sylvain Tesson. Je doit etre une espece tres rare : Une tete d'epingle creuse ! Comme je suis en forme j'entame l'ascnsion du lendemain... ce qui me permet de planter ma tente a un endroit qui domine tout un plateau. Vraiment magnifique. Alors que j'ai fini d'installer le bivouac, un peruvien descend de la montagne et commence a discuter avec moi. Selon lui, il est tout a fait possible de faire les 2 prochaines etapes en une seule; d'autant plus qu'avec l'avance que j'ai pris sur la prochaine etape, je n'ai plus que 3h30 de marche le lendemain. Le soir dans mes plumes, je lis un extrait du "Petit traites sur l'immensite du monde" de Sylvain Tesson. Il y mentionne le fait que lorsqu'il se fait des journees de 50km, son corps secrete une drogue qui le plonge dans un bien être intense. Comme je n'ai pas l'intention d'essayer les nombreuses drogues regionnales, je me dis, pourquoi pqs celle là. C'est decidé, demain reveil a 6h et je double l'etape. Jour 6: Au menu aujourd'hui une etape du feu de dieu. 2 cols a 4600 et 4400, et de belles descentes en perspective. Finalement, j'arriverai fatigué en fin de journee mais rien d'exceptionnel. Ma condition physique m'impresionne. Je ne suis pas specialement preparer pour ce trek et je ne souffre pas trop. Tant mieux. L'endroit qui devait etre mon bivouqc pour la nuit si je m'en etait tenu a mon plannng initial est absolument magnifique : Un gigantesque plateau terminer par une falaise de plus de 1000m surmontee d'un glacier. Vraiment grandiose. Jour 7: Aujourd'hui, la difficulté c'est la distance. Normalement les ascenssions et descentes ne sont pas trop raide, mais il y a +/-17km a couvrir. Ceci, sans compter sur une journee noir pour la navigation.. Mon GPS integré (m'appel GallileOl) a pris congé. Au debut de l'ascenssion, je demande mon chemin a un peruvien plus pur la forme et par habitude que par pure necessité. Il me conseil de suivre un chemin plus rapide qui retombe sur le chemin principal. Mon erreur, suivre le premier chemin que je croise et non le suivant. Je monte, je monte, je monte. Ca commence a me sembler un peu bizarre. Je fais le point plusieurs fois, je bifurque sur la gauche... mais pas assez. Arrivé au sommet, je suis 1 km trop a droite. Pas bien grave, je longe la crete et retombe sur le sentier. Durant la descente, pas de probleme si ce n'est que j'ai reperé qu'en fin de descente, les chemins se multiplient, et avec une carte au 1/100000, ce n'est pas facile d'etre precis (1mm =100m). Bref, cette fois-ci je vais trop a gauche... mais pour rectifier le tire, je dois marche 6km et monter 250m. Moi qui esperais prendre de l'avance pour la derniere etape de demain, ca commence a etre compromis... Cela signifie que demain j'ai 1400m de montee et 1000m de descente... Je n'ai pas envie de me taper une troisieme journee de malade. J'ai remarqué sur la carte que 400m au dessus de Colcabamba, ma destination du jour, passe une route qui peut me ramener dans la vallee de Huaraz, mon QG dans les environs. J'evalue une derniere fois la journee qui m'attendrait demain... C'est trop. En plus j'ai faim d'un vrai repas, j'ai sommeil d'un vrai lit et j'ai caca d'une vraie toilette. Arrivé a colcabamba, je discutte avec un petit vieux qui me dit que si je rejoins la route vers Yanghay avant 16h, j'ai de grandes chances de choper un collectivo (minibus) ou une voiture. Seul hic, il est 16h. J'ai tellement revé de ma douche, mon repas et ma toilette que je ne veux pas laisser tomber maintenant. J'ai environ 20km dans les pates (700m de d+ et 1200m de d-), et j'entame une course contre la montre. Je onte le plus vite possible les 400m de denivele qui me separent de la route. 45min plus tard, j'arrive enfin a ma route promise. Il s'agit d'un espece de vllage fantome avec 5 maisons le long de la route... Au moment ou j'arrive, un 4x4 sarrete... il n'a qu'une place... pas pour moi. 5 min plus tard, un bus... il ne s'arrete pas... et puis... plus rien. Je suis arrivé a 16h45, vers 18h je commence a envisager de dormir la... il y a une petit epicerie qui loue une chambre... La nuit tombe, je me resigne a prendre la chambre... Il n'y a pas d'electricite dans le village et la chambre est vraiment glauque. Murs et sol en terre, une fentetre... sans vitre... La chambre est attenante a l'epicerie... elle donne meme dans l'epicerie... et il n'y a pas de porte... vraiment `pas tres sympa comme endroit Dehors, j'entends des camions qui vont dans le sens opposés a celui ou je dois aller... Je me dis c'est pas grave, je vais essayer de rejoindre le prochain village... ce sera toujours mieux qu'ici. 4 ou 5 camions me passent devant le nez... vers 20h30 je me resilie a dormir ici... dans la housse de ma tente... on ne sais jamais quelles bestiolles peuvent venir la nuit. Le lendemain matin, a 5h30 on me reveil en me disant que le collectivo pour Yunghay est la. Je m'habille en qqes secondes, fait mon sac et saute dans le minibus. Et c'est parti pour 3h de pistes... pour faire 60km... Il fait brumeux et froid, je ne regrette pas mon choix d'avoir ecourté ma rando. Maintenant je suis a Huaraz, je suis crevé... je n'ai rien d'autre a faire que d'aller mettre a jour mon blog... demain je mets les photos sur Flickr. A bientot. PS: Vu que qd je demande des commentaires c'est le calme plat, je ne demande rien cette fois-ci mais n'en attends pas moins Voici le tableau de mes etapes. Valeurs approximatives sur base de mesures sur la carte et de mon altimetre (instrument cool a avoir en montagne... ca permet de gerer l'effort):
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